Portrait d’auteur : Tony Vellone

Portrait d’auteur : Tony Vellone

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Entretien avec Tony Vellone dont la nouvelle « La Dame du XVIIIème » a remporté le « Prix  Coup de Coeur de Cerise ».

Présentez-vous en quelques mots ?

Originaire de Château-Thierry, ville natale de Jean de La Fontaine, je vis depuis plus de    trente-cinq dans une ancienne ferme au cœur de la campagne lot-et-garonnaise. Après une carrière professionnelle passée dans l’image (photo, animation 3D), je suis un jeune auteur de bientôt 60 printemps, explorant dans mes ouvrages les divers aspects de l’érotisme avec une prédilection marquée pour le monde BDSM et les relations non-conventionnelles.


Depuis combien de temps écrivez-vous des textes érotiques ? Qu’est-ce qui vous plait dans ce genre littéraire ?
Depuis deux ans environ. Je termine mon deuxième roman qui forme le tome 2 d’une duologie autour de ma singulière personne. J’en suis au stade des corrections avant de les proposer éventuellement à des maisons d’édition.

Venant du monde de l’image, je découvre donc depuis peu la joie de faire danser l’écrit, donner une mélodie à une phrase, harmoniser des paragraphes, rythmer un texte entier.

J’attache beaucoup d’importance au style. La musicalité d’un texte, son humour, sont, pour moi, des composants aussi essentiels que l’intrigue.

Par ailleurs, je suis fasciné par la force des mots, une puissance que je devinais naturellement sans en imaginer toute l’immensité. De leur totale liberté aussi. C’est le lecteur qui se crée ses propres images, des images que je suscite, certes, mais qu’il se fabrique selon son propre vécu. Cette liberté autorise donc toutes les fantaisies, permet d’explorer les moindres détours de la condition humaine bien au-delà des schémas habituels, sans limites. C’est d’abord cette disposition à assouvir mes propres fantasmes, libre de toute contrainte, qui me motive à écrire une forme de littérature érotique, un érotisme qui confine souvent à de la pornographie je dois bien en convenir.


Écrivez-vous autre chose que des textes érotiques ?

Tony Vellone est mon pseudo d’auteur érotomane. Je suis un créateur multi-facettes, même si cela est souvent mal perçu.

Je suis également artiste-plasticien, sculpteur. J’ai un projet d’images de synthèse en impression lenticulaire (vision 3D sans accessoires), enfin pas mal de choses même si l’écriture est, pour l’heure, mon exercice principal. Pour ces diverses activités, j’utilise des pseudos distincts, une façon de cloisonner des univers assez dissemblables en me donnant la liberté encore de les explorer selon mes aspirations et sans tenir compte d’une ligne créatrice que l’on m’imposerait. Dans cet esprit et afin de répondre plus précisément à votre question, j’ai publié sous mon véritable nom, il y a deux ans un ouvrage sur la guerre de 14 de mon grand-père. Je commence l’écriture d’un deuxième tome qui clôturera cette saga familiale en traitant du parcours militaire de mon père lors de la seconde guerre mondiale. J’espère le terminer pour la rentrée 2015.


Quels sont vos auteurs préférés ? Votre livre érotique préféré ?

Issu de la culture française, il m’est impossible d’échapper aux influences des grands classiques du XIXème et principalement au courant réaliste, fondement de la littérature contemporaine comme l’impressionnisme le fut à la même période pour la peinture, avec des auteurs comme Zola, Flaubert et surtout Maupassant dont la sensibilité et le style me touchent particulièrement. Pour nos contemporains, je pense à des personnalités comme Céline ou encore Boudard, des auteurs qui ont su transfigurer l’écriture.

En littérature érotique, impossible non plus de ne pas évoquer les classiques, comme Sade évidemment et davantage encore Restif de la Bretonne et son ”Anti-Justine”. Plus près de nous la démesure d’un Pierre Louÿs me fascine à l’égal des œuvres d’Henry Miller ou encore de Françoise Rey. Enfin un livre, pour moi c’est ”Le lien” de Vanessa Duriès, non pas qu’il soit d’une fulgurance extraordinaire, mais essentiellement en raison de sa contribution à l’évolution des mentalités dans un moment charnière, à l’impact qu’il a pu avoir sur ma propre prise de conscience, tout autant que des rapports affectifs ressentis à l’égard de son auteure et de sa fin tragique.

Où trouvez-vous l’inspiration ?

Je pense que nous avons tous un peu les mêmes sources d’inspiration, à savoir la vie quotidienne, les gens que nous croisons dans la rue, les situations que nous vivons ou qui nous sont exposées par les médias à longueur de journée. Olivier Adam comparait les écrivains à des vampires se nourrissant de la matière de ceux qui les entourent. C’est juste.

Je rajouterai pour ma part et afin de rassurer mes voisins, de gentils vampires ne picorant parcimonieusement que d’éphémères bribes de leur vie. C’est cette faculté d’observation et notre aptitude à les retranscrire qui nous alimentent quotidiennement. ”La Dame du XVIIIème” existe donc, dans mon imaginaire déjà. Je l’ai croisée un jour, pas nécessairement rue Ordener du reste, pas tout à fait elle, mais un mélange d’images, un rêve de femme. Ce qu’elle vit, ce qu’elle pense, c’est à nous de les imaginer, à nous de les agencer afin d’en tirer une histoire, c’est là notre humble travail d’auteur.

Pourquoi avoir participé à notre concours ?

Le sujet m’inspirait tout simplement. J’avais déjà une trame d’écrite, c’est ce fil qui constitue la première partie de la nouvelle. Dans une mise en abîme, j’ai rajouté la seconde où Rachel, mon personnage principal, revit sur un ersatz de liseuse connectée ses propres turpitudes sexuelles.


Votre avis sur le concept B.Sensory ?

Je l’ai découvert grâce à votre concours. Tout ce qui permet de continuer à faire vivre et à promouvoir la lecture me semble une excellente chose ! De tous temps, elle a été associée à de multiples émotions humaines. Qu’elle le soit encore plus directement en ce début de XXIème siècle grâce aux technologies nouvelles ouvre, à mon sens, des perspectives intéressantes. Pour conclure, j’aimerai souligner le fait que de voir mes mots devenir ainsi source de jouissance est quelque chose d’assez troublant, trouble que je n’avais pas imaginé en élaborant mon texte !

Pour ceux et celles qui ne l’auraient pas lue, découvrez la nouvelle ”La Dame du XVIIIème.